Armine Yalnizyan. (Photo:
Jacques Nadeau Le Devoir)

Le gouvernement Couillard fait fausse route en croyant faire des économies sur le dos de la santé publique, estime l’économiste canadienne Armine Yalnizyan. Cette dernière critique vertement les compressions de 30 % imposées à la santé publique, allant jusqu’à dire que cela revêt des allures de censure.

«Le problème avec la santé publique, c’est que les impacts ne se mesurent pas à court terme. On peut faire des coupes aujourd’hui, mais on n’en verra pas les effets sur la santé de la population avant vingt ou trente ans. Et ça, c’est dramatique.»

L’année 2015 est une année cruciale. Le programme de développement durable pour l'après 2015 en cours d'élaboration, est fondé sur la réalité selon laquelle le modèle actuel ne fonctionne pas, compte tenu de l'aggravation des inégalités et d'avoir pousser à l'extrême les éléments essentiels à la survie de notre planète. Les pays, les peuples, ainsi que la planète de laquelle nous dépendons, méritent un autre modèle, de meilleure qualité et qui soit inclusif et durable.

L’impératif d’un changement urgent marque les négociations autour de deux axes qui se déroulent actuellement aux Nations Unies, jusqu'au mois de septembre. Le premier de ses axes  concerne le programme de développement durable pour l'après 2015 ; le second se concentre sur le financement du développement, un processus indépendant qui a été enclenché lors de la Conférence de Monterrey en 2002. Bien que les deux négociations se tiennent de manière séparée, leurs thèmes sont profondément liés et le succès de tout nouveau modèle dépend des résultats des deux. Les enjeux politiques sont importants, mais les occasions également, étant peut-être de celles qui ne se présentent qu'une fois par génération, afin de pouvoir opérer une véritable transformation.

2015 sera une année cruciale dans la lutte contre la pauvreté à l’échelle mondiale: trois grandes conférences internationales auront lieu au cours d’une période de six mois. Une des questions centrales qui sera débattue lors de ces trois conférences est, comment réformer concrètement le système financier et le commerce international pour qu’ils contribuent à la réalisation des objectifs mondiaux de développement durable ? Les propositions de réforme devraient être fondées sur le droit au développement pour tous les pays et le respect des droits économiques et sociaux de tous les individus. Nous avons suffisamment de ressources financières pour garantir le respect des droits de l’Homme, abolir la pauvreté et atteindre les objectifs mondiaux de développement durable. Ce dont nous avons besoin, ce sont des décisions politiques en faveur de changements structurels et systémiques afin de rendre ces changements possibles. La Troisième Conférence sur le Financement du Développement (FdD) des Nations Unies(ONU) qui aura lieu en juillet à Addis-Abeba jouera un rôle majeur en ce sens.

Ce document résume les changements concrets que nous recommandons d’adopter à Addis-Abeba.

Dr. Mukhisa Kituyi. (Photo :
CNUCED)

« Le rôle principal de la Division de l'investissement de la CNUCED devrait être de fournir aux pays en développement des alternatives aux dispositions asymétriques des traités internationaux d'investissement », c’est ce qui disent 240 organisations de plus de 150 pays, dans une lettre adressée à Me. Mukhisa Kituyi, secrétaire général de l'organe de l'ONU spécialisé dans le commerce et le développement.

Les signataires s'inquiètent sur « les restrictions croissantes sur l'espace politique résultant des règles de protection des investissements ».

Roberto Bissio est le coordinateur du secrétariat international de Social Watch, un réseau international d’organisations de citoyens qui documentent la façon dont les gouvernements et les organisations internationales mettent en œuvre leurs engagements en matière d’éradication de la pauvreté et d’égalité entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui, il parle à Equal Times de ce moment crucial pour le développement.

Syndicate content